Les dessous du numérique

Alors que la rentrée avait à peine eu lieu, François Hollande a cru bon d’annoncer un « grand plan numérique pour l’école de la République », dès le mardi 2 septembre. Qu’est ce qui se cache derrière ces mots ? Faut-il s’en réjouir ? Le cartable, les cahiers et la trousse pourraient bientôt devenir de l’histoire ancienne

Le très haut débit au service de l’éducation

C’est à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, que s’est rendu François Hollande le mardi 2 septembre. C’est dans le collège de la ville, le collège Louise-Michel, qu’il a précisé l’ampleur de ce plan du tout numérique pour l’école publique. « Nous aurons besoin des collectivités locales pour accompagner ce processus. Mais l’Etat y mettra aussi tous ses moyens pour former les enseignants, pour assurer partout l’arrivée du très haut débit et aussi pour que les éditeurs de livres puissent également mettre les contenus sous forme numérique de manière à ce que chacun puisse y accéder », a annoncé le président de la République.

Derrière ce plan national, une volonté honorable de lutter contre les inégalités. Il devrait également permettre de mettre fin à la marginalisation de collèges dans les zones prioritaires. « Ce collège est beau. Le beau n’est pas réservé aux plus favorisés. Il doit être accessible à tous, donné à tous. Il faut que les enseignants aient plus d’encouragement à rester dans l’éducation prioritaire », a t-il martelé.

Quelles nouveautés ?

Tout le monde parle du numérique, du président aux professeurs des établissements concernés, mais quelle est la réalité concrète de ce projet ? Quelles seront les avancées permises pour les élèves ? En un mot, qu’est ce que c’est que l’école numérique ? Il semblerait que la volonté du gouvernement soit de développer l’utilisation du numérique par les élèves, notamment en les initiant au code informatique, en favorisant l’édition de livres numériques ou même l’accès des écoles au très haut débit. Dans un premier temps, l’apprentissage du numérique devrait passer par les tablettes tactiles, ces instruments ô combien important pour le développement de l’élève.

Enfin, faut-il se réjouir de cette nouveauté, dont l’application devrait être totale à la rentrée 2016 ? C’est là toute la question. De nombreux professeurs affirment que grâce au tableau numérique, beaucoup d’élèves prennent désormais plaisir à être interrogés. Certes, il s’agit d’un argument, mais cela ne nous dit pas si les résultats des élèves sont meilleurs. Remplacer le cartable par un tablette tactile fait, à coup sur, perdre le goût du travail et de l’effort à l’écolier, qui n’a même plus besoin de s’organiser, de ranger ses affaires, autant d’étapes nécessaires à l’éducation et à la formation des élèves.

Si d’un point de vue théorique, le numérique ne semble pas être la meilleure solution pour relever le niveau scolaire de notre pays, les arguments économiques qui s’opposent au développement du numérique sont de poids. Si l’amélioration des résultats scolaires n’est pas garantie, à quoi bon investir 16 000 euros dans un tableau numérique ? Qui finance de telles sommes d’argent ? Le numérique, s’il peut représenter une alternative intéressante demeure un outil très couteux, et le retour sur investissement est pour l’instant discutable.

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