Les dessous du numérique

La ministre déléguée à l’économie numérique vient de faire appel au Conseil national du numérique (CNN) afin de travailler sur l’image des femmes dans le Web. Dans un secteur tourné vers l’avenir, le high-tech serait-il sexiste ?

Dans une interview donnée au JDD, la ministre déléguée à l’économie numérique Fleur Pellerin, a décidé d’agir contre le sexisme qui règne dans certaines entreprises des NTIC (nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), où les femmes peinent à se faire une place.

Un environnement machiste

Entre l’introduction de Twitter en bourse « sans aucune femme dans son conseil d’administration », le viol de la légendaire Lara Croft – une séquence du dernier opus la montre agressée sexuellement par plusieurs hommes alors qu’elle est prisonnière – ou le récent tweet machiste d’un entrepreneur lors d’une conférence, le sexisme pointe le bout de son nez dans le secteur. Bien décidée à faire bouger les choses, la ministre a annoncé – avec la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem – « avoir saisi le Conseil national du numérique (CNN), d’une mission pour travailler sur l’image des femmes dans le Web. »

« Comment réagir lorsque les réseaux sociaux ou les jeux vidéo répandent des clichés sexistes, alors qu’il n’y a pas forcément de dépôt de plainte, et sans avoir une approche trop moralisatrice ? ». Pour la ministre, il s’agit de responsabiliser les dirigeants et « surtout de réfléchir à la manière d’inciter les jeunes femmes à embrasser ces carrières et à rejoindre la French Tech – des Silicon Valleys à la française – via une campagne de communication avec des portraits d’entrepreneuses, de développeuses. »

« Des comportements sexistes [qui] doivent absolument changer. »

On trouve dans le numérique la « même proportion de machistes ordinaires qu’ailleurs. C’est pourtant un secteur tourné vers l’avenir, qui peut être associé à une forme de modernité dans sa façon de penser la société. Or ce n’est pas le cas », déplore la ministre pour qui les comportements « sexistes doivent absolument changer. »

Fleur Pellerin s’appuie sur des personnalités comme Sheryl Sandberg, DG de Facebook ou Marissa Mayer, PDG de Yahoo! comme modèles. Ces deux femmes à la réflexion féministe « ne gomment pas leur féminité, leurs difficultés sont revendiquées », explique la ministre. « Je veux ma liberté. Je veux que mon sexe ne soit pas une question. Je demande à ne pas avoir plus d’efforts à fournir pour arriver au même niveau qu’un homme de compétence égale » déclarait Sheryl Sandberg, lors du lancement de son mouvement « Lean in : Women, work and the will to lead. »

Les conclusions de la mission du CNN devraient être connues au début du mois de mars.

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