Les dessous du numérique

Aujourd’hui, plus de deux tiers des Français vivent en ville. Une croissance démographique importante qui nécessite une modernisation importante des infrastructures numériques. Les administrations, à l’échelle locale comme nationale, s’adaptent et se numérisent alors que le pays dans son ensemble reste dans une phase de démarrage malgré de nombreux projets.

Une révolution démographique avant d’être numérique

50% de la population mondiale vit aujourd’hui en ville. En 2050, l’ONU estime que ce chiffre devrait atteindre les 70%. Les personnes vivant en ville seront alors 6,3 milliards contre 3,6 milliards en 2010. Une augmentation de la population urbaine importante qui sera d’autant plus significative en France. Les Français vivent en effet dans 77,5% des cas en ville où la population a augmenté de 19% en seulement 10 ans.

Face à cette croissance de la démographie urbaine, les collectivités se doivent de s’adapter et de prendre la voie du numérique afin de transformer leur ville en ville « intelligente ». Une révolution numérique qui permet « une meilleure maîtrise des informations et circulations urbaines » pour Julien Darmon, professeur d’urbanisme à Sciences Po. La « smart city », comme elle est plus communément appelée, est au centre des attentions, particulièrement cette semaine avec pas moins de 3 salons en même temps, à Paris, Barcelone et Montpellier.

Autant d’évènements durant lesquels un concept est particulièrement cité : les smart grids. Souvent simplement décrits comme des compteurs électriques intelligents, les smart grids englobent bien plus de possibilité et d’infrastructures. Diffuser les données de consommation des entreprises comme des particuliers en temps réel afin de leur permettre de mieux maîtriser leur dépense, protéger la planète et limiter les émissions de CO2 en privilégiant les énergies renouvelables. Le smart grid est considéré par les villes du monde entier comme la base de toute révolution numérique et énergétique.

La France avance à tâtons

Loin de se cantonner à la modernisation de ses réseaux électriques, la France avance également sur de nombreux autres concepts pouvant aider les villes dans leur numérisation. Big Data, voitures électriques, bornes électriques de recharge, hôpitaux numériques, objets connectés… 34 projets concernant l’industrie sont aujourd’hui dans les tiroirs du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

Une critique de la France est cependant formulée dans la nouvelle étude de m2ocity, spécialiste des objets connectés, selon qui « aucune ville (du pays) ne maîtrise toutes les dimensions et peu de projets sont mis en œuvre à l’échelle d’une ville entière ». Un résultat étonnant sans rapport avec un possible refus de la population, qui soutient à 87% cette mutation des métropoles en villes intelligentes et connectées, selon un sondage Microsoft-Ipsos.

Cette timidité de la France en matière numérique ne devrait cependant pas durer bien longtemps. D’autres projets ne devraient pas tarder à voir le jour. ERDF a par exemple présenté sa vision des « Smartcities » au salon des Maires et des Collectivités locales le 21 novembre dernier. Une conférence qui promet un développement plus accru des réseaux intelligents et de la numérisation des villes françaises dans leur ensemble. Certaines villes montrent une ambition sans pareille, à l’instar de Lyon, Lille ou Nantes, récemment nommées les villes les plus intelligentes de France.

La révolution numérique urbaine française est en marche. Reste à savoir si les infrastructures françaises, notamment en rapport avec Internet, seront capables de soutenir l’ambition grandissante des spécialistes du numérique français.

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