Les dessous du numérique

Alors que la presse traditionnelle passe au stade numérique, comment fait-elle pour investir ces nouveaux domaines ?

La naissance de l’Internet collaboratif a déclenché une révolution. Les modes de consommation de la presse s’en voient changés de façon radicale. Avec une conséquence inexorable, la réduction du nombre de lecteurs papier. La presse, et spécifiquement la presse quotidienne, essaye de se renouveler sur le Web. Il s’agit de survivre, et au-delà, de durer. Pour cela, il est nécessaire qu’elle s’acclimate à ce bouleversement digital et à ses supports novateurs.

Les sociétés se servent des réseaux sociaux comme instruments de vente et de marketing. Aujourd’hui, une marque est ce que les internautes se disent entre eux qu’elle est, bien plus que ce que leur dit la marque. De la même façon, les journaux se positionnent pour investir le Web. Souvent sceptiques par le passé, par rapport à la version numérique, ils sont obligés de s’adapter, et comme chaque entreprise, d’investir ces réseaux. La presse se développe inévitablement vers le digital. Ainsi, on peut se demander si celle de demain sera exclusivement liée aux plateformes sociales. Et alors, quelle position elle adoptera.

Il s’agit de mettre Internet au centre des priorités en choisissant des réseaux comme Facebook ou Twitter. Ainsi, se crée un lien de personnes à personnes sur le principe, plus mon réseau est étendu, plus mon audience sera grande. Pour passer le pas, il faut être novateur. Numériser un journal ne suffit pas. La transposition Web doit apporter des plus propres à Internet, comme l’exclusivité par exemple. Internet induit une approche innovante dans l’organisation et la diffusion des informations. De fait, les façons de travailler évoluent, bousculant la fonction même de journaliste. Les journalistes traditionnellement papier, doivent apprendre à gérer une audience sur Internet. Le métier évolue alors vers celui d’animateur de groupes sociaux.

Pour donner un exemple, le New-York Times a plus de followers sur Twitter que d’abonnés au journal. Le quotidien a su gérer sa mutation en distinguant ses politiques Internet et papier. Le format Web ne propose que des articles courts, idéaux avec l’instantanéité propre aux réseaux sociaux, alors que le journal papier offre des analyses. Ainsi, les deux sont complémentaires.

Pour trouver leur place sur les réseaux sociaux et diffuser le maximum de papiers, il est nécessaire pour les hommes de presse de connaître les habitudes des Internautes. L’énorme force de ces réseaux est leur côté collaboratif et leur interactivité. L’échange de liens est impossible en version papier. Dans une proportion de 80 %, les internautes suivent les liens recommandés par leurs connaissances ou leur communauté. À titre d’exemple, les sujets les plus partagés parlent de sciences, des nouvelles technologies, d’expériences humaines et d’argent.

En plus de diffuser des informations, les plateformes sociales représentent des opportunités infinies. Les moteurs de recherche et leurs algorithmes les prennent plus que jamais en compte. Résultat, il est possible d’analyser la diffusion des articles et les papiers en fonction de leur audience et de les classer par indicateurs : sujet, genre de papier, cible, moment de la mise en ligne, reprises, retwittages… Ainsi, il est possible de voir ce qui fait la popularité ou non d’un papier. Ces indices peuvent alors être utilisés pour maximiser la diffusion des contenus.

Cependant, en allant trop dans ce ses, on peut tomber dans la standardisation des contenus au dépens de leur qualité. Si l’offre prend en compte la demande de façon excessive, cela risque de pousser les journalistes à définir un sujet en fonction des souhaits de leur lectorat et d’affaiblir davantage leur rôle de dénicheur d’informations. C’est ce qu’on appelle Push-Pull Strategy : le journaliste n’offre plus — push — de papiers dans tous les sens, mais c’est l’internaute qui tire à lui — pull — le sujet et le papier qu’il a envie de lire.

Il n’y a qu’un pas en effet à ce que la presse dans son ensemble s’empare de ce principe d’ultra-personnalisation avec ces nouvelles technologies et la tendance à la recommandation. Via les réseaux sociaux, on peut imaginer des applications faisant remonter les sujets de prédilection grâce aux mots-clés se trouvant dans le profil des lecteurs. Les réseaux sociaux sont en passe de devenir non plus des instruments de propagation de l’info, mais une façon de capter une audience à long terme, en lui proposant une lecture sur mesure. En ajustant ses contenus à son lectorat, l’utilisation des réseaux sociaux par les médias on line doit faire progresser les espaces dédiés à la publicité et par là même, faire grimper les bénéfices.

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