Les dessous du numérique

Les chefs d’entreprises sont convaincus du bien-fondé du cloud computing. Il est désormais question d’être en mesure de répondre à une demande en forte croissance dans les prochaines années. Rien ne se fera sans le développement des centres de données, dans lesquels sont hébergés les serveurs. La France doit saisir les opportunités de ce marché pour lequel elle a déjà développé une expertise et un savoir-faire.

Jusqu’ici, il était question de briser les réticences naturelles qui poussaient les dirigeants d’entreprise et les directeurs des systèmes d’information à se méfier du Cloud. Aujourd’hui, l’exercice de conviction est achevé, les chefs d’entreprise sont définitivement convaincus. Mission accomplie. Plus encore, l’étape de démocratisation de cette méthode de stockage en ligne est même déjà bien entamée.

Selon le Global Cloud Index que Cisco vient de publier, il faut s’attendre à ce que le transfert vers le Cloud s’accélère durant les cinq prochaines années. Deux tiers des tâches devraient être réalisés dans le cloud d’ici 2017 et c’est une croissance de 35 %, ni plus ni moins, qui attend le marché du cloud à la même échéance.

Au cœur de cette expansion, les centres de données, infrastructures physiques dédiées aux serveurs informatiques qui hébergent les données du cloud. Autant dire que la fiabilité est d’une importance stratégique pour les locataires de ses espaces de stockage, en particulier pour les entreprises. La moindre défaillance peut causer la perte d’informations d’une valeur concurrentielle inestimable.

Pour un hébergement des serveurs dans des conditions optimales, il est nécessaire de réunir quatre conditions : le data center doit être alimenté par plusieurs électriques de forte puissance ; la connectivité doit être irréprochable ; les systèmes de sécurité et de surveillance doivent prévenir la moindre interruption de service ; enfin, les serveurs sont sensibles à une certaine température ainsi qu’à un certain taux d’humidité.

Des géants comme Amazon, Microsoft, Yahoo, Google ou encore Apple sont réputés pour les datacenters monstrueux qu’ils construisent, allant de 30 000 m2 à 65 000 m2, et destinés à supporter leurs offres de cloud computing. Google vient récemment de se distinguer dans le domaine. Le géant du web serait en train de mettre au point plusieurs centres de données flottants, dont le premier serait localisé à San Francisco.

Une configuration ingénieuse, et à propos de laquelle Google aurait déposé un brevet en 2009, car elle permet de produire sa propre énergie grâce aux mouvements maritimes et tirerait profit du refroidissement naturel qu’offrent les eaux environnantes.

Mais en la matière, la France n’est pas en reste non plus. Les opérateurs sont les premiers concernés. En 2011 déjà, Completel, filiale de Numericable, lançait son premier centre de données à Aubervilliers, disposant de 250 baies supplémentaires sur un espace dédié de 2 000 m2. Elle en a construit deux autres à Lyon et Val-de-Reuil pour lesquels elle garantit une double adduction électrique ainsi qu’une double adduction en fibre optique. Orange a suivi en implantant un centre à Val-de-Reuil en 2013.

Outre les opérateurs, les fournisseurs de cloud et autres infogérants, des entreprises en ont fait leur cœur de métier se sont également lancées pour saisir les opportunités d’un marché encore jeune et qui ne demande qu’à se développer. C’est le cas de Neocenter ou encore Paris data Center ou encore interxion.

Le marché devrait continuer à se développer dans les prochaines années en France, car le pays dispose d’atouts de poids dont le coût de son électricité, la fiabilité de son réseau électrique et l’expertise de ses ingénieurs. Affaire à suivre.

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